Voilà l'interview, trouvée sur le site du Parisien :
"Je me sens désormais dans mon élément"
Après trois ans d'éclipse, la jeune chanteuse qui avait gagné la « Star Ac » en 2002, enregistre un nouveau disque très différent des précédents. Elle nous a reçus dans le studio, où travaille, à ses côtés, son compagnon, Maxim Nucci.
Un discret immeuble du côté du Marais à Paris. Passée la porte en verre fumé, on découvre un studio d'enregistrement. C'est là où Jenifer, 24 ans, travaille sur son nouvel album qui sortira le 12 novembre.
Au rez-de-chaussée, des consoles et un immense écran de contrôle. Aux murs, des photos de Jimi Hendrix et de John Lennon. « Maxim (NDLR : son compagnon et le père de son fils Aaron) et un copain à lui ont monté ce studio, précise-t-elle. C'est un ancien magasin de fringues. » Dans un coin, des guitares sur un râtelier. En sous-sol, on trouve la cabine de prises de son éclairée par des lampes marocaines diffusant une lumière rouge orangé : « C'est la bulle dans laquelle je me suis enfermée », confie l'intéressée.
Quand vous êtes-vous remise au travail ?
Il y a un an et demi. J'ai commencé à enregistrer chez moi, avec un micro et un peu de matériel. Je ne suis pas une super musicienne mais je connais deux ou trois accords qui m'ont suffi à composer. Et puis j'ai la chance d'avoir un compagnon musicien et qui m'a donné un vrai coup de main. Il a eu la patience de m'apprendre. On a essayé de garder les meilleurs textes et les meilleures compositions.
Votre précédent album est sorti il y a trois ans. N'est-ce pas dangereux de disparaître aussi longtemps ?
Je me suis complètement coupée de tout ça. D'ailleurs, je ne sais pas si le public de mes deux premiers albums va me suivre. En plus je ne regarde pas trop la télé, si ce n'est Euronews, LCI ou des DVD. Ce n'est pas parce que j'ai participé à une émission surmédiatisée que j'en suis cliente. Je zyeute de temps en temps, comme tout le monde mais c'est tout. J'avais juste envie de faire de la musique. En plus, je n'ai pas du tout l'esprit de compétition.
« Je préfère me planter et rester naturelle »
Vous n'avez pas pris goût à cette exposition médiatique ?
C'est bizarre. A la suite de la « Star Academy », je n'ai plus eu de vie normale. Au début, c'était rigolo. Puis je me suis sentie suivie, encore aujourd'hui. Comme si on devait tout savoir de moi. Bien sûr, il y a pire dans la vie. Mais c'est dur. Je me suis un peu renfermée sur moi-même. J'ai ressenti comme un sentiment de culpabilité vis-à-vis de gens qui ont beaucoup plus de talent que moi et qui galèrent. Est-ce que je mérite tout ce qui m'est arrivé ? Je ne sais pas.
Vous en doutez encore ?
Ce n'était pas mon but de devenir célèbre. En même temps, je suis allée au casting et je suis sortie gagnante. J'ai ensuite gagné de l'argent alors que j'ai toujours vécu très modestement. J'ai eu le droit d'enregistrer un album et de faire une tournée. Tout ça à 19 balais. Il y a de quoi douter. Après je rencontre mon mec, j'ai un enfant et je commence à mener une vie de jeune femme normale. Je vais au marché, j'emmène mon fils à l'école... Aujourd'hui, heureusement, je suis plus à l'aise avec tout ça. Je me sens désormais dans mon élément. Même si, de nature, je reste angoissée.
Comment dépensez-vous votre argent ?
J'ai toujours l'impression de passer pour une naze quand je raconte ça... J'essaie de partager, comme j'ai toujours fait. Je suis devenue marraine d'une association qui s'appelle Chantal Mauduit. C'est une alpiniste qui est morte en 1998. Le but consiste à créer des écoles et des internats au Népal. Là-bas, plus de 70 % des enfants sont illettrés. Voilà, j'y suis allée... Je me fais aussi plaisir en courant les friperies. J'aime bien le shopping. Mais pas chez Chanel tous les jours, je ne suis pas le genre à péter les plombs.
Vous avez participé à l'hommage à Grégory Lemarchal sur TF 1. Vous ne le regrettez pas ?
C'était à la demande des parents. Au début je ne voulais pas y aller. C'était quand même vachement glauque d'aller dans ce château trois jours après sa mort avec des photos de Grégory accrochée partout... Mais bon, je le répète, c'était à la demande des parents et dans le but de récolter des fonds pour l'association contre la mucoviscidose. Donc, je l'ai fait et je ne le regrette pas. Après, la sortie de l'album posthume, les pubs à la télé, à la radio... Sans compter toutes les couvertures en presse. J'ai trouvé ça démesuré et de mauvais goût. Tout ça part d'une bonne intention mais peut-être que les parents sont eux-mêmes un peu dépassés par les événements.
Au final, avez-vous appris à vous protéger ?
J'ai surtout appris à dire non. J'ai envie que mon image me ressemble et pas d'être une poupée que l'on balade comme ça. On me conseille parfois même de me faire coacher pour apprendre à répondre aux interviews. Je ne sais pas, je crains de m'y perdre. En fait, je préfère me planter et rester naturelle. De toute façon, je ne suis pas une méchante. Mais attention : je peux mordre !